Viens, on va discuter

Chronique PSYCHOLOGIE POSITIVE MAGAZINE
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Vous venez de rendre un rapport qui vous a demandé beaucoup de travail. Le lendemain, l’une de vos collègues vous envoie un article qui contient une information capitale allant à l’encontre de votre conclusion. Qu’aurait tendance à vous dire votre critique intérieur ? « Amateur, stupide, travail bâclé, bon à rien, etc. ? »

Imaginez maintenant que vous avez 4 ans, les joues rebondies et le regard innocent. Comment ce critique qui vous poursuit s’adresserait-il à vous ? Il vous prendrait probablement dans ses bras en vous disant que vous avez fait le maximum, que vous n’êtes pas du tout stupide, et que ça ne sert à rien de vous faire des reproches. Une solution pour éviter de nous dénigrer peut donc être de nous parler comme si nous étions encore un enfant, mais on ne le fait pas facilement.

Levez-vous à présent et arpentez la pièce en disant à voix haute :« Je ne peux pas marcher dans cette pièce. »En le faisant, vous exercez dans votre cerveau une contradiction notoire. Une étude a montré que si on place sa main sur une plaque très chaude en se disant que l’on n’est pas en train de se brûler, la tolérance à la douleur augmente de 40 %. Il ne s’agit alors d’aucune manifestation magique, mais bien de la capacité que nous avons de pouvoir défier nos pensées. Car si nous les laissons divaguer vers nos peurs, souvent imaginaires, nous leur donnons le gouvernail et ne nous sentons pas bien du tout.

Plus de quarante études ont confirmé que nous avons tout à fait le pouvoir non pas de faire taire notre critique intérieur, mais de dialoguer avec lui pour le raisonner. La première recommandation est de lui donner un nom, pour bien le distinguer de nous-même. Car si nous dissocions notre esprit de notre personne, nous ne sommes plus obligé d’être d’accord avec lui. On peut alors le remercier pour ses remarques, mais l’assurer qu’on est sur le coup et que ça va aller.

Ce dialogue intérieur est désormais proposé comme traitement post-traumatique à des ex-soldats que leur censeur traite non seulement de nuls mais également de meurtriers et de dangers publics. Et vous savez quoi ? Cela marche aussi ! Nous nous sentons si seul face à notre honte et nos défaillances que nous évitons même de nous en parler à nous-même.
Alors, considérons-nous désormais comme un être à deux têtes. L’une embarrassée et l’autre assurée. Et obligeons-les à discuter pour nous libérer de tout ce qui ne fait pas vraiment partie de la réalité.

 

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